Le vin naturel : une philosophie, pas seulement une méthode
Le vin naturel n’a pas de définition légale stricte, mais la charte de l’Association des Vins Naturels (AVN), très suivie en Provence, pose des bases claires :
raisins exclusivement bio, fermentation spontanée, aucune technique de correction, pas de sulfites ajoutés ou en quantité minime (moins de 30mg/L). Surtout, aucun intrant œnologique permis, là où le bio tolère encore bon nombre d’additifs.
Mais pour ceux qui vont au bout de la logique marseillaise, c’est une vraie relecture du métier :
- Accepter l’imprévu, les cuvées “ratées” ou déclassées… parfois jusqu’à 20 % d’une récolte sacrifiée si le climat l’impose.
- Engager la totalité du domaine dans la biodiversité : haies, arbres, jachères, ruches, polyculture.
- Oser la vinification sans filet : pas de levurage, pas d’acidification, pas de filtration, zero clarification. Juste le jus, la patience, et la confiance dans le vivant.
C’est une prise de risque importante, mais aussi une façon de laisser parler le terroir.
Émilie, installée près de Sainte-Croix, résume : “Le bio, c’est bien, mais c’est une porte d’entrée. Nous, on veut aller plus loin : casser nos habitudes, réapprendre à faire confiance à ce que donne la vigne chaque année, sans vouloir tout ‘réguler’. C’est plus exigeant, mais bien plus vivant !”