Du sol à la bouteille : les pratiques du vin naturel, gardiennes de la biodiversité
Des sols qui respirent (enfin !)
L’un des piliers du vin naturel, c’est l’attention portée à un sol vivant. À force de fongicides, d’herbicides et d’engrais de synthèse, la plupart des sols viticoles ont vu leur population de vers de terre chuter de 50 à 80 % depuis les années 1950 (source : INRAE). Or, ces formidables petites bestioles sont les garants du bon fonctionnement de l’écosystème souterrain : ils aèrent, mélangent, compostent et drainent. Les amateurs de vin naturel optent pour des pratiques alternatives :
- Enherbement naturel ou semis de couverts végétaux
- Absence d’herbicides chimiques
- Compost organique, usage de préparations biodynamiques ou de décoctions naturelles
Résultat : dans les parcelles en agriculture biologique ou vin naturel depuis plus de 10 ans, on compte en moyenne 45 % d’espèces microbiennes en plus, selon une étude de l’Université de Florence (source : Frontiers in Microbiology, 2016).
Biodiversité : la symphonie retrouvée
Dans les vignes travaillées en conventionnel, plus de 80 % des insectes auxiliaires (coccinelles, syrphes, etc.) peuvent disparaître, rendant les maladies parfois ingérables sans traitement de choc (source : Nature Sustainability, 2017). Le vin naturel parie, lui, sur la collaboration :
- Haies, arbres fruitiers, bandes fleuries, nichoirs à oiseaux ou à chauve-souris
- Cessation des pulvérisations d’insecticides, qui laisse la place aux régulateurs naturels
- Respect du cycle des pollinisateurs
Ce n’est pas pour rien que certains domaines pionniers, comme le Domaine de la Taille aux Loups (Loire), observent le retour des papillons et des chauves-souris : ces petits alliés modèrent la pression des ravageurs… sans coup de sulfate.